25.02.2008
Dossier du mois de L ARC
ARC. DOSSIER DU MOIS DE FEVRIER 2008©
Comment faire quand les présidents(e)s de conseils syndicaux paraissent trop « proches » des syndics
I- « Les président(e)s de conseils syndicaux sont-ils « vendu(e)s » au syndic ? » Drôle de question, dira-t-on, sous la plume de la principale association de conseils syndicaux de France. Oui, drôle de question, mais à laquelle il va falloir répondre sans détour, car on nous la pose de plus en plus souvent et - comme on va le voir - elle mérite une VRAIE réponse. Voyons QUI nous la pose et POURQUOI. II- QUI et POURQUOI ? De plus en plus d’internautes, de visiteurs, d’adhérents nous adressent un message de ce genre : « Notre président(e) laisse passer çi ; laisse passer ça ; ne contrôle le syndic que du bout des doigts ; ne lui répond que du bout des lèvres et se laisse mener par le bout du nez ; sûr qu’ils ont des accords ; impossible autrement ». D’autres vont plus loin : « Notre président (e) n’est président que pour mieux faire ses petites affaires avec le syndic ; même chose pour certains des conseillers syndicaux. C’est la mafia, etc. ». Ces personnes qui laissent ainsi déborder leur étonnement ne sont pas forcément des minoritaires ; ce sont souvent des conseillers syndicaux rentrés de fraîche date au conseil syndical et qui sont littéralement abasourdis par cette « entente » entre président(e) du conseil syndical et syndic et ne savent ni quoi faire ni quoi penser. Ils sont surtout étonnés par le fait que le ou la président(e), sensé(e) agir pour défendre l’intérêt des copropriétaires non seulement ne le fait pas , mais prend souvent fait et cause pour le syndic. III- Collusion ou soumission ? L’entente est dans certains cas si forte que chacun se demande très fort quel « marché » existe entre le ou la président(e) et le syndic. Il faut savoir :
Voyons cela. IV- La collusion, voire la corruption Certes, la collusion existe dans certains cas, bien que selon nous, ces cas soient très minoritaires. On a repéré diverses situations de collusion ou corruption, par exemple : a) Le président du conseil syndical possède, lui ou un proche, une entreprise et cette entreprise travaille dans les copropriétés du syndic ; b) Le président du conseil syndical est un petit investisseur immobilier et bénéficie d’affaires intéressantes via le syndic (acquisition à prix d’ami, par exemple) ; c) Le président du conseil syndical souhaite profiter de certains « avantages » (exemple : récupérer des combles aménageables ; transformer une cave) ; dans ce cas le président propose un marché au syndic : « vous fermez les yeux et moi ma bouche». Dans le même ordre d’idée, on peut avoir des présidents qui font faire (par le syndic aux frais de la copropriété) des travaux sur parties communes à usage privatif (exemple : terrasse). V- Le cas du président(e) « muselé » La collusion ou corruption, néanmoins, sont peu fréquentes, ceci pour une bonne raison : elles sont visibles et trop risquées. De nombreux présidents sont plutôt victimes de la ruse de certains syndics. Disons qu’ils se sont faits piégés et sont dans une position délicate pour faire la leçon au syndic. Prenons deux cas de figure : a) le ou la président(e) a - un jour - demandé au syndic d’envoyer chez lui une entreprise pour faire un travail urgent et n’a jamais réclamé la facture que le syndic se garde bien de lui envoyer… b) le ou la président (e)a eu des difficultés financières à un moment et a profité (ou profite) du laxisme volontaire du syndic qui lui fait bien comprendre qu’il bénéficie d’une « fleur ». Dans un cas comme l’autre, le ou la président (e) aura beaucoup de mal à rappeler le syndic à ses obligations ou à le contraindre à corriger ses pratiques. VI- Les président(e)s simplement « soumis(es) » Mais souvent - malheureusement - le pauvre président ou la pauvre présidente ne sont ni corrompus ni muselés mais sont simplement « soumis » ou ont été l’objet des pratiques habiles d’un syndic. La plupart d’entre nous ne sommes pas forcément des fortes personnalités. De leur côté, les syndics sont des professionnels habitués à gérer des réunions et donc à manipuler les hommes et les femmes, et sont souvent plus habiles psychologues que bons gestionnaires. Ils n’ont pour cette raison pas beaucoup de mal à s’apercevoir de nos petits défauts et à en jouer, que ce soit la vanité, la timidité, la paresse intellectuelle, la peur de l’affrontement, etc. Le syndic habile va donc se « mettre » le président dans la poche et celui-ci, quand il sera dans la poche, aura bien du mal à en sortir, ce qui fera croire à une « collusion », alors qu’il n’y a - malheureusement - qu’une banale soumission. Pour ceux qui n’en sont pas persuadés, nous leur conseillons la lecture des chapitres consacrés à la psycho-sociologie des présidents de conseils syndicaux et conseillers syndicaux, que nous détaillons plus loin. VII- Comment éviter de tomber sous le charme du syndic ? Si vous êtes vous-même président(e) et n’avez pas une forte personnalité vous sentez peut-être la pression du syndic et ne savez pas trop comment y échapper. Voici quelques règles simples pour mettre un peu de DISTANCE avec le syndic.
Vous le voyez, rien de bien extraordinaire ; juste quelques dispositifs de « prise de distance ». « Ne m’embrassez pas » devrait être la devise de tout (e) président (e) de conseil syndical. VIII- Comment aider votre président(e) à ne pas tomber sous le charme du syndic ?
- proposez de faire un compte-rendu du conseil syndical avec les remarques et questions gênantes, compte-rendu qu’il pourra adresser au syndic ; - proposez de prendre en charge un sujet qui fâche ; - enfin, photocopiez-lui cet article et surtout le point VII. IX- Comment agir contre les éventuelles collusions ou compromissions ? Evidemment c’est plus difficile et nous n’allons pas vous donner de recettes pour cela. Juste vous rappeler ceci :
X- Pour aller plus loin : connaître le fonctionnement et les dysfonctionnements du conseil syndical Tous les conseillers syndicaux devraient lire et relire la partie de notre « Manuel du Conseil syndical » intitulé : « Le fonctionnement psychologique du conseil syndical ». Voici le plan de cette partie dont la lecture est indispensable à tous les conseillers syndicaux (NB : faites achetez le livre par le conseil syndical et faites établir une facture au nom du conseil syndical qui se fera rembourser la dépense par le syndic sur le fondement de l’article 27 du décret du 17 mars 1967). Voici le plan de cette partie du guide :
a) Hétérogénéité. b) Proximité. c) L’ombre du syndic.
a) Le type « autoritaire ». b) Le type « manipulateur ». c) Le type « potiche ». d) Le type « organisateur ».
a) Le conseiller « notable ». b) Le conseiller « intéressé » ou « profiteur ». c) Le conseiller « proche du syndic » (« l’homme du syndic »). d) Le conseiller « suspicieux » voire « paranoïaque ». e) Le « râleur ». f) Le « travailleur » ou le « conseiller idéal ».
a) Le Conseil syndical « chambre d’enregistrement ». b) Le Conseil syndical « chambre d’engueulade ». c) Le Conseil syndical « chambre de bavardage ». d) Le Conseil syndical « forteresse assiégée ». e) Le Conseil syndical « normal ».
a) Le Conseil syndical est-il un « groupe » ou simplement un regroupement de personnes ? Et, s’il est un groupe, s’agit-il d’un groupe « fermé » ou « ouvert » ? b) Le président est-il du type « autoritaire », « manipulateur », « potiche », ou « organisateur » ? c) Le Conseil syndical est-il agité continuellement par ses différences ou ses oppositions ? |
11:50 Écrit par J. Zachmann dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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